Personnes entrechoquant leur poing

Une personne végane aspire à une vie sans contribution à l’exploitation, la souffrance et l’abattage d’animaux. Par cette promesse éthique, elle refuse la coutume économique et morale qui institue l’animal au rang de ressource. Cette rupture de la norme, au-delà d’une évolution individuelle, n’est pas inconséquente en société. Le véganisme ne serait-il pas par essence un acte militant ?

Protection des animaux par le boycott

Lorsqu’un individu met fin à sa consommation de produits d’origine animale, il remet en question l’idée de valeur monétaire de ces êtres sentients. Devenir végane permet de cesser de donner de l’argent aux entreprises qui capitalisent le monde animal. Boycotter est un acte militant, particulièrement dans une société porteuse d’une norme alimentaire aussi forte que la consommation de produits issus d’animaux . Dans cette industrie où l’animal est une source de profit, une baisse de la demande envoie un signal. Tandis que le monde de l’élevage prétend augmenter sa production pour nourrir l’humanité, une consommation alternative démontre qu’une rupture du schéma est possible. De nombreuses vies peuvent être sauvées en renversant ce modèle économique cruel, assujettissant et non nécessaire.

Deux agneaux

Consommer autrement : le double impact du porte-monnaie

Être végane, c’est aussi vivre et consommer autrement. En consacrant leur budget à des produits et loisirs sans exploitation animale, les véganes engagent une évolution du marché. Observant cet engouement, les entreprises s’essayent à de nouveaux modèles, commerces, services et denrées. L’on peut aujourd’hui constater le développement de l’offre en ce sens : nouveaux substituts alimentaires, plats/menus/restaurants véganes, changements éthiques (produits garantis sans cruauté, cirques sans animaux, etc.). L’ensemble de ces alternatives ouvertement présentées comme des remplaçants aux produits animaux, est un attribut militant.

La facilité d’accès aux alternatives végétales devient en elle même un argument positif en faveur de ceux qui s’interrogent sur leur capacité à adopter un nouveau mode de vie plus raisonnable. Si la demande pour ces produits augmente, une redistribution des espaces et moyens de production s’avérera économiquement viable. Des impacts bénéfiques sur l’environnement et la population seront alors attendus.

Étiquette de société

Au delà de l’impact individuel, l’existence du véganisme en lui même diffuse également un message. Une personne végane socialisée aura, qu’elle le cherche ou non, une influence sur son entourage. En se définissant en tant que telle, elle démocratise d’abord le mot, puis sa définition. Il n’y a qu’à observer la croissance du nombre de requêtes « vegan » dans les moteurs de recherche sur ces cinq dernières années pour se figurer l’ampleur du phénomène. Plus la communauté végane grandit, plus elle propage la compréhension de son mode de vie.

En collectivité, elle montre que les habitudes peuvent être rompues, et donne de la voix à la cause animale. En consommant autrement, elle prouve la non-nécessité de l’exploitation animale et interroge le statut de ces autres êtres non-humains. Sans même avoir à discourir ou débattre, le simple fait de contourner les traditions interpelle. Difficile lors d’un repas, instant phare de partage, de ne pas remarquer la différence végétalienne au milieu d’une table. Au delà de la discorde et du caractère exemplaire, l’individu végane pourra tout du moins être un déclencheur dans l’esprit de chacun.

L’enjeu du véganisme est de faire comprendre que l’être humain n’est pas supérieur aux autres espèces. En prônant un nouveau regard sur le monde, le véganisme entre en lutte contre un système bien ancré. C’est en cela un acte assurément militant.

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